SOMMAIRE
- 1. le cadre général des frais kilométriques en portage salarial
- 2. Les conditions de remboursement des frais kilométriques en portage salarial
- 3. Frais refacturables et non refacturables
- 4. Calcul des indemnités kilométriques en portage salarial
- 5. Le rôle de la société de portage salarial dans le remboursement des frais kilométriques
- 6. Situations spéciales et cas particuliers
- 7. Vers une mobilité professionnelle plus durable et équilibrée
- 8. Bonnes pratiques et erreurs à éviter pour bien gérer ses frais kilométriques
- 9. Bien gérer ses frais kilométriques, un atout pour votre activité en portage salarial
Exercer une activité indépendante, c’est souvent rimer avec autonomie, flexibilité… et déplacements. Que vous soyez consultant, formateur ou expert freelance, vos trajets professionnels représentent un poste de dépense important, même en portage salarial.
Bien déclarer vos frais professionnels, en particulier les frais kilométriques, est essentiel : c’est un moyen légal et efficace d’optimiser votre revenu net. Ces frais permettent en effet de réduire la base de calcul des charges sociales.
En revanche, une erreur de déclaration peut coûter cher (redressement URSSAF, remboursement refusé, etc.). A l’inverse, une gestion rigoureuse vous permet de récupérer chaque euro dépensé pour votre activité.
Si vous utilisez votre véhicule personnel pour vos missions, il est indispensable de savoir comment déclarer vos trajets. Le barème fiscal reste la méthode la plus simple et la plus sécurisée, mais le remboursement au réel peut parfois s’avérer plus avantageux.
Dans ce guide, nous vous expliquons toutes les règles à connaître : le calcul du barème fiscal, les bonnes pratiques, et nos conseils pour transformer vos kilomètres en euros nets d’impôts.
L’ESSENTIEL À RETENIR
- Les frais kilométriques permettent de réduire légalement vos charges sociales et d’augmenter votre revenu net, à condition d’être déclarés correctement.
- Seuls les déplacements strictement professionnels réalisés avec votre véhicule personnel sont remboursables : chaque trajet doit être justifié, daté et documenté.
- Le barème fiscal est la méthode la plus simple et sécurisée pour calculer vos remboursements, mais le remboursement au réel peut être avantageux dans certains cas précis.
- Les frais refacturables sont remboursés intégralement par le client, tandis que les frais non refacturables sont pris en charge par la société de portage avec un impact éventuel sur le salaire net.
- Une gestion rigoureuse (justificatifs, distances exactes, barème à jour, distinction des types de frais) garantit une optimisation financière et une conformité totale.
1. le cadre général des frais kilométriques en portage salarial
Dans un contrat de portage salarial, la société de portage facture la prestation au client, puis reverse au salarié porté un salaire net, après déduction des frais de gestion et des charges sociales.
Les frais professionnels correspondent aux dépenses engagées pour les besoins de l’activité. Ils n’ont pas vocation à enrichir le salarié, mais à rembourser les coûts réellement supportés pour exercer sa mission.
Parmi ces frais, les indemnités kilométriques (IK) occupent une place particulière : elles compensent l’utilisation du véhicule personnel du salarié porté à des fins professionnelles.
Lorsqu’elles respectent le barème fiscal officiel et les règles de l’URSSAF, ces indemnités sont exonérées d’impôt et de cotisations sociales.
Conseil : Conservez toujours vos justificatifs. Un seul document manquant peut bloquer tout remboursement.
2. Les conditions de remboursement des frais kilométriques en portage salarial
Pour bénéficier d’un remboursement de frais kilométriques, plusieurs conditions doivent être respectées. Ces règles garantissent la transparence et la conformité fiscale des dépenses.
A. Utilisation d’un véhicule personnel
Les indemnités kilométriques concernent exclusivement les trajets effectués avec votre véhicule personnel (voiture, moto, scooter ou vélo électrique). Elles remboursent les frais liés à l’usage professionnel du véhicule :
- Le carburant
- L’usure et l’entretien du véhicule
- L’assurance de la voiture,
- les péages et le stationnement
Attention : Si le véhicule appartient à la société de portage ou est loué à titre professionnel, le barème kilométrique ne s’applique pas. Dans ce cas, le salarié doit opter pour un remboursement au réel, sur présentation des factures.
B. Des déplacements strictement professionnels
Chaque déplacement doit présenter un caractère professionnel avéré et directement lié à l’activité du salarié porté. Les trajets remboursables concernent par exemple :
- un rendez-vous client ;
- un déplacement sur un lieu de mission non habituel ;
- la participation à une formation ou un événement professionnel.
Par contre, les trajets domicile – lieu habituel de travail ne sont jamais remboursés, car ils sont considérés comme des déplacements personnels.
Bon à savoir : Le « lieu de travail habituel » correspond à l’endroit où le salarié exerce son activité de manière régulière et prolongée. En revanche, un déplacement depuis ce lieu habituel vers un autre site client peut être remboursé.
Cette distinction est essentielle, souvent mal comprise, mais scrupuleusement vérifiée par l’URSSAF.
Il existe également un forfait « grand déplacement » destiné à couvrir les frais de logement et de repas pour des missions situées à plus de 50 km du domicile du salarié porté, sous conditions strictes (distance, durée, justificatifs…)
Attention : Les règles et plafonds applicables étant révisés chaque année, il est important de vérifier les barèmes en vigueur avant de les appliquer.
C. Des justificatifs complets et précis à fournir
Pour être remboursés, les frais doivent être justifiés, précis et vérifiables.
Le salarié porté doit remettre à sa société de portage une note de frais comportant :
- la date du déplacement,
- le motif professionnel,
- les lieux de départ et d’arrivée,
- la distance parcourue (aller-retour),
- le type de véhicule utilisé et sa puissance fiscale (CV).
Ces notes doivent être accompagnées de justificatifs :
- Tickets de péage et reçus de stationnement,
- Factures de carburant et d’entretien du véhicule
- Itinéraires détaillés (Google Maps ou Apple Plans)
- Emails de convocation ou de rendez-vous
- Photos des compteurs kilométriques avant et après le trajet
A noter : Les frais de péage et de parking sont remboursables en plus du barème kilométrique.
Bon à savoir : Les outils de suivi digital proposent aujourd’hui des solutions performantes pour la gestion des frais kilométriques. Des applications spécialisées permettent notamment :
- une synchronisation automatique avec les systèmes GPS,
- la génération automatique des notes de frais
- l’archivage numérique des justificatifs.
Le carnet de bord manuel reste néanmoins une option viable, grâce à des modèles préétablis sous Exel ou Google Sheets*. Les applications de prise de notes sur smartphone, ou des solutions plus élaborées comme Notion** ou Airtable***, permettent également une saisie rapide et organisée des informations essentielles.
Astuce : La photographie systématique des compteurs kilométriques avant et après chaque déplacement professionnel constitue une preuve complémentaire précieuse.
*Google Sheets est une application de tableur en ligne développée par Google. Elle permet de créer, modifier et partager des feuilles de calcul directement depuis un navigateur web ou une application mobile, sans avoir besoin d’installer de logiciel.
**Notion est une application de productivité qui permet de prendre des notes, gérer des tâches/projets, organiser des bases de données, et collaborer en équipe, le tout dans un même espace de travail.
***Airtable est une plateforme hybride qui combine les fonctionnalités d’un tableur avec celles d’une base de données relationnelle
Bon à savoir: Au-delà de 15 000 km/an, la taxe sur l’affectation des véhicules à des fins économiques (ex-TVS) peut s’appliquer.
En résumé : les conditions à respecter
Vous pouvez bénéficier des indemnités kilométriques si :
- Le déplacement est strictement nécessaire à l’exercice de votre activité professionnelle.
- L’utilisation de votre véhicule personnel est indispensable (absence de transports en commun adaptés, contraintes horaires, ).
- La carte grise du véhicule est établie à votre nom ou à celui de votre conjoint.
- Chaque déplacement est dûment consigné avec la date, les lieux de départ et d’arrivée, le nombre de kilomètres parcourus et le motif du déplacement.
Attention : Les itinéraires non optimisés ou comportant des détours injustifiés sont exclus du remboursement.
3. Frais refacturables et non refacturables
Dans le cadre d’une mission en portage salarial, les frais engagés par le consultant peuvent être soit refacturables au client, soit non refacturables et remboursés par la société de portage.
Il est important de bien distinguer ces deux catégories pour éviter tout malentendu et assurer une gestion claire des dépenses.
A. Les frais refacturables au client
Ces frais correspondent à des dépenses directement liées à la mission et prévues dans le contrat. Ils sont généralement acceptés par le client et doivent être documentés pour pouvoir être remboursés intégralement.
Exemples : Frais de déplacement (train, avion, taxi) pour se rendre sur le lieu de mission, hébergement si la mission nécessite un déplacement hors de votre ville, repas lorsque ceux-ci sont engagés dans le cadre d’une mission spécifique, selon le contrat.
Caractéristiques :
- Le consultant avance parfois les frais et les refacture au client.
- Le remboursement est intégral, sans déduction de charges sociales.
- Les justificatifs (factures, billets, notes de frais) doivent être conservés et transmis au client ou à la société de portage pour traitement.
B. Les frais non refacturables
Ces frais concernent des dépenses liées à l’activité professionnelle mais qui ne peuvent pas être directement facturées au client. Ils sont remboursés par la société de portage salarial, généralement après déduction des charges sociales, car ils font partie du revenu imposable.
Exemples : Frais de formation ou séminaires liés à l’amélioration des compétences professionnelles, achats de matériel ou logiciels nécessaires à votre activité (ordinateur, licences, etc.), déplacements ou repas non directement liés à une mission spécifique.
Caractéristiques :
- Ils ne sont pas remboursés par le client, mais leur prise en charge par la société de portage permet de réduire le coût réel pour le consultant.
- Leur remboursement peut être soumis à des plafonds ou règles spécifiques selon la société de portage.
- Les justificatifs doivent également être fournis pour que le remboursement soit effectué.
En résumé : Les frais refacturables sont des dépenses que le client paie directement, tandis que les frais non refacturables restent à la charge de la société de portage, avec un impact possible sur le salaire net du consultant.
Tableau récapitulatif – Frais refacturables – non refacturables
| Catégorie de frais | Définition | Exemples | Remboursement / facturation | Impact sur le consultant |
|---|---|---|---|---|
| Frais refacturables | Dépenses engagées directement pour la mission et prévues dans le contrat avec le client. |
|
Refacturés intégralement au client, sans déduction de charges sociales. | Aucun coût pour le consultant : le client rembourse 100 % des dépenses. |
| Frais non refacturables | Dépenses liées à l’activité professionnelle, mais non associées à une mission précise. |
|
Remboursés par la société de portage, mais avec charges sociales (pas toujours remboursés en totalité) | Peut réduire légèrement le salaire net, car soumis aux règles de la société de portage et aux charges. |
Exemple concret : Mission de 3 jours chez un client à Lyon
Un consultant en portage salarial basé à Paris se rend à Lyon pour une mission de 3 jours.
a. Frais refacturables (directement liés à la mission)
Ces frais sont prévus dans le devis ou le contrat signé avec le client.
| Dépense | Montant | Refacturable ? | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Billet de train A/R Paris–Lyon | 120 € | Oui | Déplacement indispensable pour la mission. |
| Hôtel (2 nuits) | 180 € | Oui | Séjour nécessaire sur place. |
| Repas pendant la mission | 75 € | Oui | Repas pris sur place pendant les jours de mission. |
Total frais refacturables : 375 €
Facturés au client en plus des honoraires.
Le consultant est remboursé à 100 %, sans charges.
b. Frais non refacturables (liés à l’activité, mais non facturés au client)
| Dépense | Montant | Refacturable ? | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Achat d’un logiciel de gestion de projets | 25 €/mois | Non | Utile pour son activité, mais pas lié à la mission précise. |
| Abonnement Internet mobile 5G | 15 € | Non | Nécessaire à son activité mais non imputable à un client. |
| Formation en ligne (module de 2 h) | 60 € | Non | Développe ses compétences, mais pas exigée pour la mission. |
Total frais non refacturables : 100 €
Remboursés par la société de portage.
Soumis aux règles et charges applicables, le consultant peut être remboursé partiellement selon la société (ex : 80 € nets).
Ces frais ne concernent pas directement la mission, donc non refacturés au client.
4. Calcul des indemnités kilométriques en portage salarial
Le calcul des indemnités kilométriques (IK) est encadré par un barème officiel publié chaque année par l’administration fiscale.
A. Le barème fiscal officiel : la référence à suivre
Le barème kilométrique prend en compte :
- la distance parcourue à titre professionnel
- la puissance fiscale du véhicule (CV) ;
- le type de véhicule utilisé : voiture, moto, scooter ou vélo électrique.
Ce barème est mis à jour chaque année par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) et sert de référence aussi bien à l’administration qu’aux sociétés de portage.
Astuce : Pour être certain d’utiliser les bons montants, consultez toujours la dernière version du barème sur service public.fr
B. Exemples concrets
Exemple 1 : Un salarié porté a parcouru 4 000 km professionnels sur l’année avec une voiture de 5 CV.
Barème URSSAF 2025 pour un véhicule de 5 CV entre 0 et 5 000 km/an : 0,636 €/km.
Indemnité = (0,636 × 4 000) = 2.544 €
Le salarié peut donc se faire rembourser 2.544 €, exonérés d’impôt et de cotisations sociales, à condition de fournir des justificatifs nécessaires.
Exemple 2 : se rendre 2 fois par semaine chez le client
Un consultant en portage salarial utilise sa voiture personnelle (5 CV) pour se rendre deux fois par semaine chez un client situé à 30 km de son domicile. Il travaille 4 semaines par mois.
- Distance aller-retour : 60 km
- Nombre de trajets mensuels : 8 (2 par semaine × 4 semaines)
- Distance mensuelle parcourue : 60 km × 8 = 480 km
- Distance annuelle estimée : 480 km × 12 = 5 760 km
Barème URSSAF 2025 pour un véhicule de 5 CV entre 5 000 et 20 000 km/an : (distance × 0,357 €) + 1395 €
Remboursement annuel : (5 760 km × 0,357 €) + 1395 = 3 451,32 €
Ce montant pourra être remboursé en franchise de charges et d’impôts, sous réserve que les justificatifs soient fournis et que les trajets soient directement liés à l’activité professionnelle.
Exemple 3 : se rendre chaque semaine à un RDV professionnel
Un salarié porté utilise un véhicule de 4 CV pour se rendre chaque semaine à un rendez-vous professionnel situé à 20 km de chez lui (soit 40 km aller-retour). Il effectue ce déplacement une fois par semaine pendant 11 mois dans l’année.
- Distance aller-retour : 40 km
- Nombre de trajets annuels : 1 × 4 semaines × 11 mois = 44 trajets
- Distance annuelle parcourue : 44 × 40 km = 1 760 km
Barème URSSAF 2025 pour un véhicule de 4 CV entre 0 et 5 000 km/an : 0,606 €/km.
Remboursement annuel : 1 760 km × 0,606 € = 1066,56 €
Ce remboursement est exonéré de cotisations sociales et d’impôt, à condition que les trajets soient justifiés et en lien direct avec l’activité.
C. L’alternative : le remboursement au réel
Le remboursement au réel constitue une alternative possible au barème fiscal. Ce mode de calcul repose sur la prise en charge des dépenses réellement engagées, justifiées par des factures. Il exige un suivi très précis de la répartition entre usage professionnel et personnel du véhicule.
Attention : Contrairement au barème fiscal, le remboursement des frais réels (carburant, entretien, assurance, etc.) peut être considéré comme un avantage en nature si le véhicule est utilisé à la fois pour des besoins professionnels et personnels.
Dans ce cas, la part d’utilisation personnelle du véhicule est imposable et doit être déclarée.
D. Quel mode de calcul choisir ?
| Mode de calcul | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Barème fiscal | Simple, rapide, sans justificatifs détaillés accepté par l’URSSAF | Peut sous-évaluer certains frais réels |
| Remboursement au réel | Précis, adaptable à la situation du salarié porté | Gestion plus lourde et justificatifs obligatoires risque d’avantage en nature |
Bon à savoir : La majorité des sociétés de portage privilégie le barème fiscal car il offre une plus grande simplicité et une sécurité renforcée face à l’administration.
5. Le rôle de la société de portage salarial dans le remboursement des frais kilométriques
La société de portage salarial joue un rôle central dans la gestion et le remboursement des frais kilométriques. En tant qu’employeur du consultant porté, elle assure la vérification, la validation et le versement de ces indemnités selon les règles légales et fiscales en vigueur.
A. Vérification et validation des notes de frais
Avant tout remboursement, la société de portage doit valider chaque note de frais transmise par le salarié porté. Elle vérifie notamment :
- la conformité des justificatifs fournis,
- le caractère professionnel des déplacements,
- et la cohérence entre les kilomètres déclarés et la mission effectuée.
Cette étape est essentielle pour garantir la transparence et éviter tout risque de requalification par l’URSSAF ou l’administration fiscale.
En pratique, certaines sociétés de portage exigent :
- un format de note de frais standardisé,
- ou des pièces complémentaires (agenda, mail client, etc.) pour faciliter le traitement.
Conseil : En cas de doute sur l’éligibilité d’un trajet, contactez votre conseiller au sein de la société de portage avant de soumettre votre note de frais.
B. Remboursement et intégration sur la fiche de paie
Une fois validées, les indemnités kilométriques sont remboursées en même temps que le salaire, mais sur une ligne distincte intitulée : « Remboursement de frais professionnels ».
Ainsi, elles n’affectent ni le salaire brut, ni les cotisations, ni l’impôt sur le revenu du salarié porté.
Exemple :
Pour un salarié porté ayant réalisé 8 000 € HT de chiffre d’affaires et déclaré 1 200 € de frais professionnels, la base de calcul des charges sociales sera réduite de 8 000 € à 6 800 €.
Grâce à cette déduction, le salarié porté paiera moins de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, ce qui peut représenter une économie de plusieurs centaines d’euros sur sa rémunération nette
C. Application du barème et des plafonds internes
Chaque société de portage peut adopter sa propre politique de remboursement, dans le respect du barème fiscal. Certaines fixent :
- un plafond annuel ou mensuel de remboursement,
- des limites sur la puissance fiscale des véhicules (ex. 7 CV max),
- ou encore une procédure de validation en ligne pour automatiser le suivi des notes de frais.
Bon à savoir : Avant d’engager des dépenses, il est donc recommandé de consulter le règlement interne de votre société de portage pour éviter tout refus de remboursement.
6. Situations spéciales et cas particuliers
- Les déplacements internationaux: prévoir les conditions d’assurance, les justificatifs en langue étrangère, et vérifier le barème applicable.
- Les véhicules écologiques: ils bénéficient d’un barème spécifique avantageux. Le remboursement des frais de recharge sur la voie publique ou dans des stations dédiées est possible.
- Le covoiturage professionnel: lorsqu’il implique plusieurs salariés portés, les frais doivent être répartis équitablement selon les modalités clairement définies à l’avance. Des justificatifs particuliers sont requis pour attester la réalité du covoiturage, et l’assurance doit être vérifiée en cas d’accident durant le trajet.
7. Vers une mobilité professionnelle plus durable et équilibrée
Les déplacements fréquents ont un impact notable sur le bien-être des salariés, notamment sur la qualité de vie au travail, le stress, la reconnaissance du temps de trajet et l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Pour y remédier, des solutions de mobilité alternative se développent :
- Le télétravail,
- La visioconférence,
- Le regroupement des rendez-vous
- L’utilisation des transports en commun,
Le Forfait Mobilités Durables (FMD) est un dispositif facultatif que l’employeur peut mettre en place pour encourager l’usage de modes de transport respectueux de l’environnement (vélo personnel, covoiturage, trottinette, etc.).
Il permet de bénéficier d’une aide exonérée d’impôts et de cotisations sociales jusqu’à 600 € par an.
Lorsque cette aide est combinée avec le remboursement d’un abonnement de transport public, le plafond global d’exonération (FMD + abonnement) peut atteindre jusqu’à 900 € par an.
Le cumul de ces deux avantages (FMD et remboursement d’abonnement) dépend des règles fixées par votre entreprise de portage.
Exemple :
Vous utilisez le vélo pour venir travailler et bénéficiez d’un FMD de 500 € par an.
Votre employeur vous rembourse également 300 € pour votre abonnement de transport en commun.
Le total perçu est de 800 €, ce qui reste inférieur au plafond de 900 € et donc entièrement exonéré.
Ces mesures favorisent à la fois le confort des salariés et la réduction de l’empreinte environnementale.
Parallèlement, les innovations technologiques comme les véhicules autonomes*, le Mobility as a Service (MaaS)** et la mobilité partagée transforment les pratiques professionnelles et encouragent une mobilité plus raisonnée et durable.
*Les véhicules autonomes, aussi appelés voitures autonomes ou voitures sans conducteur, sont des véhicules capables de se déplacer sans intervention humaine grâce à une combinaison de technologies avancées.
**Le Mobility as a Service (MaaS), ou mobilité en tant que service, est un concept qui transforme la façon dont on se déplace en combinant plusieurs modes de transport dans une seule plateforme numérique. L’idée est de rendre la mobilité plus fluide, flexible et personnalisée, sans posséder de véhicule personnel.
8. Bonnes pratiques et erreurs à éviter pour bien gérer ses frais kilométriques
Gérer ses frais kilométriques en portage salarial semble simple sur le papier, mais la moindre erreur peut entraîner un refus de remboursement ou, pire, un redressement URSSAF.
Voici une checklist pratique sur les bonnes pratiques à adopter et les pièges à éviter pour rester serein et conforme
A. Les bonnes pratiques à adopter
1. Tenir un suivi précis de vos déplacements
- Noter chaque trajet professionnel (date, lieu, motif, distance, client).
- Utiliser un carnet de bord ou un tableur.
- Objectif : 5 minutes par jour pour éviter les oublis et garantir des remboursements sans stress.
2. Utiliser le barème fiscal à jour
- Vérifier chaque année le barème officiel sur service-public.fr.
- Appliquer la version en vigueur pour tous vos calculs.
- Éviter toute erreur de conformité.
3. Conserver tous les justificatifs
- Garder pendant 3 ans minimum :
- Notes de frais signées
- Factures de carburant
- Tickets de péage
- Captures d’écran d’itinéraires (Google Maps)
- Ces preuves sont indispensables en cas de contrôle.
4. Respecter la politique interne de votre société de portage
- Connaître les règles spécifiques :
- Plafonds de remboursement
- Formats et délais de transmission
- Procédures de validation
- Vérifier avant d’envoyer vos notes pour éviter tout refus.
B. Les erreurs fréquentes à éviter
1. Déclarer des trajets personnels
- Les trajets domicile ↔ lieu de travail habituel ne sont jamais remboursables.
- Ne pas les inclure dans vos notes de frais.
2. Arrondir les distances ou les montants
- Utiliser un outil fiable (ex : Google Maps).
- Indiquer la distance exacte sans arrondi excessif.
3. Oublier de mentionner le motif du déplacement
- Chaque trajet doit avoir un motif professionnel clair (client, mission, formation…).
- Sans justification, le remboursement peut être refusé.
4. Mélanger les systèmes de remboursement
- Le barème kilométrique = uniquement pour véhicule personnel.
- Véhicule de société ou loué = remboursement au réel.
- Ne jamais combiner les deux.
Astuce finale : Rigueur + Transparence + Traçabilité = 0 risque et remboursements optimisés
En résumé
Le salarié porté doit être capable de justifier chaque euro remboursé, tandis que la société de portage doit s’assurer que les remboursements respectent le cadre fiscal et social en vigueur.
Bien déclarer, c’est bien se protéger. Chaque kilomètre compte, à condition qu’il soit justifié.
9. Bien gérer ses frais kilométriques, un atout pour votre activité en portage salarial
Les frais kilométriques sont bien plus qu’une simple formalité administrative : ils représentent un levier d’optimisation financière pour les salariés portés.
En respectant le barème fiscal officiel, en conservant des justificatifs clairs et en suivant les règles de votre société de portage, vous pouvez obtenir un remboursement juste et exonéré de charges, tout en restant parfaitement conforme aux exigences de l’URSSAF. Car chaque kilomètre bien déclaré est un euro de plus dans votre poche !
Le portage salarial offre ainsi un cadre sécurisé pour exercer son activité indépendante, à condition de gérer ses frais professionnels avec rigueur et méthode. Appliquez ces règles et transformez vos kilomètres en euros nets d’impôts ! »
Besoin d’aide pour comprendre le fonctionnement du barème fiscal ou les procédures internes de remboursement ?
Votre société de portage salarial reste votre meilleur allié pour vous accompagner dans la gestion de vos frais kilométriques et vous garantir une conformité totale.


